Pour Charles McVety de la Canada Family Action Coalition (CFAC), il est inconcevable que les contribuables financent des productions montrant des actes pornographiques, contenant des scènes excessivement violentes ou faisant l'apologie de l'homosexualité, entre autres.
Contrairement à tous les autres témoins entendus jusqu'à maintenant par le comité, le révérend est donc en faveur des dispositions de C-10 touchant l'industrie audiovisuelle. Même que d'après son association, ces mesures ne devraient être qu'un premier pas.
"Le débat doit aller plus loin. Beaucoup plus loin", a insisté le directeur général, Brian Rushfeldt, qui témoignait lui aussi devant le comité des banques et des finances, mercredi.
Ainsi, à son avis, les productions américaines tournées au Canada devraient ainsi être assujetties aux mêmes contraintes que les productions canadiennes.
M. Rushfeldt a même été jusqu'à dire que selon lui, il valait mieux ne pas financer les arts du tout que de financer des oeuvres pornographiques.
Ni M. McVety ni son collègue n'ont défini précisément sur quels critères ils se baseraient s'ils devaient départager les productions acceptables de celles qui ne le sont pas.
L'un et l'autre ont cependant répété à plusieurs reprises qu'à leurs yeux, les films "Kissed" (1996) et "Young People F**king" (2008) n'auraient pas dû recevoir des deniers publics.
"The Masturbators", dont Téléfilm Canada finance actuellement le développement, et "Breakfast with Scot", dont M. McVety dit qu'il montre "un enfant qu'on entraîne à devenir homosexuel" non plus.
Les titres de ces deux productions troublent tellement l'évangéliste qu'il a préféré les rebaptiser "YPF" et "The Big M", lors de son témoignage devant le comité des banques et du commerce de la Chambre haute.
M. McVety a exhorté les sénateurs présents à approuver les dispositions de C-10 telles que formulées par le gouvernement pour qu'elles entrent en vigueur le plus tôt possible.
A l'instar de la ministre du Patrimoine, Josée Verner, les dirigeants de la CFAC trouvent insatisfaisante la suggestion des producteurs de télévision d'utiliser les dispositions du Code criminel comme balises.
"Pensez au bien de vos petits-enfants et mes petits-enfants. Comment pourrai-je regarder ma fille de 10 ans dans les yeux si on continue à financer des films aussi discutables?", a plaidé M. McVety.
Le révérend a réfuté les allégations selon lesquelles il aurait fait du lobbying pour un resserrement des règles de financement des productions audiovisuelles, comme le rapportait le quotidien The Globe and Mail le mois dernier.
Il a toutefois admis qu'il avait abordé la question en public à plusieurs reprises. Son collègue Brian Rushfeldt a pour sa part précisé qu'il avait écrit aux députés de tous les partis pour se plainde de la projection de "Young People F**king" lors du dernier festival du film de Toronto.
MM. McVety et Rushfeldt ont fait plusieurs fois référence mercredi à un sondage mené par la firme Compas auprès de 500 personnes et qui conclut que les positions de la coalition sur la pornographie sont celles d'une majorité de citoyens, et particulièrement de citoyennes.
Cette étude, dont la marge d'erreur est très grande, contredit les résultats d'un autre sondage mené par Angus Reid, selon lequel plus de la moitié des Canadiens sont opposés aux dispositions de C-10.