Ce fut une défaite crève-coeur.
Le point tournant du match est survenu à 18:22 de la deuxième période quand l'arbitre Jill Clulow, une Albertaine, a imposé une pénalité majeure pour assaut à la meilleure joueuse du Québec, Marie-Philip Poulin, ce qui entraînait automatiquement une inconduite de partie.
Poulin est entrée en collision avec la gardienne Lisa Plenderleigh, qui était sortie de son filet. La décision de l'arbitre, surprenante, a été accueillie par des huées.
"Il y a des choses qui sont incontrôlables", a dit l'entraîneur-chef Pierre Alain, refusant de commenter le travail de l'arbitre mais soulignant que la progression de l'arbitrage au hockey féminin n'a pas suivi au même rythme que celle des joueuses depuis quelques années.
"Il faut qu'ils se questionnent sur l'arbitrage. Ca nous a coûté une chance d'obtenir la médaille d'or mais si ça peut aider, cette défaite aura servi à quelque chose."
L'Ontario a profité de la pénalité majeure imposée à Poulin pour briser l'égalité de 1-1 à 1:51 de la troisième période. Privées de Poulin, qui avait réussi 13 points (cinq buts, huit passes) lors des trois premiers matchs, les filles du Québec ont ensuite été incapables de remonter la pente.
"Ce fut le point tournant du match, a estimé Alain. Les filles se sont bien regroupées entre la deuxième et la troisième mais il est sûr que leur deuxième but au début de la troisième a fait mal."
Le Québec disputera maintenant le match pour la médaille de bronze contre la Saskatchewan, qui a perdu 1-0 en prolongation contre le Manitoba dans l'autre demi-finale.
"J'ai donné la main à chacune après le match, a dit Alain. Je leur ai dit qu'elles avaient rendez-vous à 12h30 demain et qu'il y avait une médaille de bronze à aller chercher."
La défenseure Laurianne Rougeau, de Beaconsfield, a réussi le seul but du Québec, créant l'égalité à 2:50 de la deuxième période après que l'Ontario eut marqué le premier but avec 17 secondes à faire au premier vingt.
"Ca allait bien et on avait bien commencé, a commenté la capitaine Marie-Hélène Suc, de Charlesbourg, encore une des meilleures du Québec. On a donné tout ce qu'on pouvait. On a bataillé jusqu'au bout.
"La pénalité (à Poulin) a été un coup dur mais on a gardé la tête haute. On n'a pas lâché. Personne n'a abandonné."
Suc, une défenseure, avait le dos tourné quand Poulin est entrée en collision avec la gardienne de l'Ontario.
"Je n'ai pas vu le jeu mais je sais qu'elle n'est pas du genre à foncer sur la gardienne. Elle voulait la rondelle."
L'entraîneur-chef de l'Ontario, Dave St.Germain, avait d'ailleurs le triomphe modeste après la victoire de son équipe.
"Ce fut une superbe victoire mais une dure défaite, a-t-il dit. La pénalité à Poulin a été le point tournant. C'est une joueuse exceptionnelle.
"Mais ils essaient de protéger les gardiennes. En raison de la sévérité de l'impact, ils ont donné une pénalité", a-t-il expliqué.
L'Ontario était l'équipe favorite du tournoi et il n'y avait probablement que le Québec qui pouvait lui ravir la médaille d'or.
"Ce fut plus difficile qu'on le pensait, a dit la joueuse de centre Jennifer Wakefield. Le Québec a des jeunes joueuses formidables.
"Nous avons confiance de pouvoir remporter la médaille d'or mais nous n'avons pas un excès de confiance."