Mais cette crainte s'avère finalement infondée, ou en tous cas exagérée, car jusqu'à vendredi, dernier jour du Ramadan puisque les musulmans célébreront samedi l'Aïd el-Fitr, une soixantaine de victimes avaient été recensées.
Cette relative accalmie, par rapport aux prévisions, est due à une mobilisation des forces de sécurité qui ont déployé un dispositif "spécial Ramadan", avec la multiplication de barrages fixes et mobiles dans les grandes villes, ponctués de contrôles de véhicules et de personnes suspectes.
Dans les régions montagneuses, notamment à l'est du pays et au centre, l'armée a multiplié les ratissages pour traquer les groupes armés soumis à un harcèlement continu. Mais en Kabylie, à 100km à l'est d'Alger, en dépit d'un déploiement massif des troupes dans cette région, les groupes armés ont pu frapper en mitraillant dans la localité de Boghni des civils qui se trouvaient dans un café populaire, le soir, après la rupture du jeûne.
Les forces de sécurité ont de leur côté réussi à éliminer dans le département de Boumerdés, à 45km à l'est d'Alger, le numéro deux du groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique "Al Fassila", considéré comme le véritable cerveau des attentats-suicide de Batna le 6 septembre et de Dellys le 8 septembre. Ces attaques avaient fait respectivement 22 et 30 morts, des civils et membres de la sécurité.
Le ministre algérien de l'Intérieur Noureddine Yazid Zerhouni, lors d'un déplacement la semaine dernière à Paris, avait confirmé la reddition fin septembre de Hassan Hattab, le fondateur du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).
Si la violence terroriste a été loin des prévisions alarmistes exprimées à la veille du Ramadan, des manifestations d'un "intégrisme light", comme le qualifie l'éditorialiste du quotidien "Liberté", rapportées par la presse, ont été observées.
C'est le cas pour cette enseignante de français dans un lycée algérois qui s'est vu intimer l'ordre par ses élèves de porter le hidjab pour ne pas laisser apparaître ses jambes, une attitude jugée "haram", c'est-à-dire illicite, par ces élèves.
Le retentissement médiatique qu'a eu l'affaire de cette enseignante avait fait réagir le président Abdelaziz Bouteflika. Il avait demandé à son ministre de l'Intérieur de travailler avec son collègue de l'Education pour traquer les comportements intégristes dans l'institution scolaire.
Par ailleurs, deux policiers qui avaient fumé une cigarette dans la journée ont été immédiatement suspendus de leur fonction, en attendant d'être traduits devant la justice pour leur attitude jugée comme attentatoire à la religion.
Les actes d'intolérance ont été également perceptibles à travers la fermeture de grands restaurants dont les propriétaires ont préféré baisser rideau et subir des pertes sèches plutôt que d'être la cible d'attentats terroristes.