Dans leur ultimatum, qui expire dimanche à minuit, les ravisseurs réclament la libération de cinq détenus algériens, des activistes de l'AQMI, et d'un groupe de détenus tunisiens ainsi qu'une rançon dont le montant n'est pas précisé, rapporte "Ennahar" sur son site Internet (www.ennaharonline.com).
Selon le journal qui se réfère à "des sources proches d'Al-Qaïda", une liste a été adressée à l'ambassade d'Autriche à Alger qui comporte notamment l'ancien émir de la cinquième région de l'organisation armée, Ammari Saïfi, alias "Abderrazak El Para". Auteur de l'enlèvement des 32 touristes européens en 2003, El Para a été arrêté au Tchad avant d'être remis en octobre 2004 aux autorités algériennes. Son procès, plusieurs fois reporté, devrait s'ouvrir le 24 mars, devant la cour de Biskra.
Côté tunisien, un autre journal algérien, "Al Khabar", a fait état d'une revendication pour la libération de dix salafistes emprisonnés en Tunisie. Venus d'Algérie où ils ont suivi un entraînement dans les camps de l'ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), rallié à Al-Qaïda, ces derniers ont été impliqués fin 2006, début 2007, dans des affrontements armés avec les forces de l'ordre. Ces combats ont fait 14 morts, dont deux membres de la sécurité. Ces islamistes radicaux ont été récemment condamnés, dont un à mort et huit à la prison à perpétuité.
Par ailleurs, toujours selon "Ennahar", un émissaire du gouvernement autrichien serait arrivé à Bamako, d'où il a entamé des négociations par téléphone avec les ravisseurs. Ceux-ci, campent depuis la semaine dernière dans une zone située à 150km de la ville de Kidal, au nord du Mali, affirme en outre le journal en citant "des sources sûres".
Les deux touristes, un couple originaire de la région de Salsbourg, Andrea Kloiber, 44 ans, et Wolfgang Ebner, 51 ans, n'ont plus donné de signe de vie depuis la mi-février, date de leur dernier contact téléphonique, alors qu'ils effectuaient une randonnée dans le Sud tunisien, limitrophe des frontières algérienne et libyenne.
Aucune réaction n'était enregistrée samedi de la part des autorités tunisiennes. Un responsable gouvernemental à Tunis interrogé par l'Associated Press s'est abstenu de tout commentaire. Le même mutisme était observé du côté de l'ambassade d'Autriche à Tunis.
A Alger, le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, a estimé samedi que l'Algérie n'était "pas directement concernée" par cette affaire dans la mesure où l'"enlèvement a eu lieu sur un territoire autre que l'Algérie" et où "les otages se trouvent actuellement sur un autre territoire non-algérien". Interrogé sur d'éventuels contacts entre les gouvernements algérien et autrichien, M. Belkhadem s'est contenté d'un laconique: "nous sommes en contact avec tous les pays dans le cadre de la lutte antiterroriste".