"Je ne peux rien garder à l'intérieur," dit-il en riant. Ses coéquipiers aiment bien le receveur du Colorado, qui se montre toujours très calme derrière le marbre. Son circuit de trois points dimanche contre les Diamonbacks de l'Arizona a permis aux Rockies de remporter le troisième match de la série de championnat dans la Ligue nationale et lui a permis de se faire mieux connaître du public américain.
"Ainsi va Yorvit, ainsi vont les Rockies, a dit le releveur Brian Fuentes. Il mérite tous les qualificatifs qu'on peut lui accoler. Quand on exécute un bon tir, il lève le poing pour nous le laisser savoir. Il est formidable."
Mais il lui a fallu beaucoup de souffrances pour réaliser que le baseball n'est qu'un jeu et qu'il devait s'amuser.
"J'ai dû traverser beaucoup d'épreuves," a dit Torrealba.
Son épouse Milangela Alvarez eu été atteinte d'un cancer du colon en 2003. Il tentait de l'épauler tout en tentant de se tailler un poste dans les ligues majeures avec les Giants de San Francisco.
"C'était une période tellement difficile, a dit Torrealba, dont l'épouse est en rémission depuis quatre ans. Je travaillais tellement fort."
Peu de temps après, il a perdu sa grand-mère, Aurelia Hernandez, qui a subi une crise cardiaque. Elle était sa confidente. Torrealba lui téléphonait souvent quand il était dans la ligue des recrues à Bellingham dans l'Etat de Washington juste pour entendre une voix familière.
"Je ne parlais pas anglais et je trouvais cette première année dans les ligues mineures très difficile, a dit Torrealba. J'avais besoin de parler et je ne voulais pas inquiéter ma mère. Ma grand-mère trouvait toujours les mots pour me rassurer."
Là qu'il participe finalement à la série de championnat, il aimerait que sa famille soit près de lui. Son épouse et leur fils de 10 ans, Yorvit Eduardo sont au Venezuela où le jeune homme va à l'école.
Si les Rockies atteignent la série mondiale, ils seront aux Etats-Unis.
"Je veux qu'ils soient ici, a dit Torrealba. Je veux certes être auprès des membres de ma famille tout le temps."
Il dit que ce n'est pas facile d'être séparé.
"Mon fils me regarde jouer à tous les jours à la télévision ou sur son ordinateur, a-t-il dit. Il surveille tous mes gestes parce qu'il veut être un receveur au jour."
Et entre-temps, les Rockies sont devenus sa famille d'accueil.
"Avec le groupe que nous avons ici, je peux dire que c'est un havre de paix de se retrouver tous sur le terrain, a dit le Canadien Jeff Francis. C'est un peu notre façon à nous d'échapper à tout cela. C'est une joie que de faire partie de cette équipe."
Francis apprécie vraiment le travail de Torrealba derrière le marbre. Il calme tous ses coéquipiers.
"Il sait quand vous donner une tape dans le dos ou quand vous botter le derrière, a dit Francis. C'est là sa force. On a confiance en sa façon de nous diriger."
Le releveur Ryan Speier peut en témoigner. Il a été appelé à lancer en 11e manche du deuxième match de la série préliminaire. Il était un peu nerveux.
Torrealba s'est rendu au monticule et a remonté le moral à Speier avant que le frappeur suppléant Micah Owings ne se présente à la plaque.
"Je ne connaissais pas très bien Micah comme frappeur, a dit Speier. Je voulais un plan de match."
Torrealba en a trouvé un rapidement.
"Je lui ai dit de lancer la balle au milieu du marbre et de le laisser expédier la balle dans les gradins, a dit Torrealba en riant. Je lui ai dit cela parce que je ne voulais pas qu'il tente de trop en faire."
Tout a fonctionné. Speier s'est calmé, il a retiré les trois frappeurs qu'il a affrontés et a mérité un premier sauvetage.
"C'est la raison pour laquelle il est si important pour nous, a dit Speier. Personne ne dirige les lanceurs comme il le fait."