Les principaux points de désaccord ont été renvoyés devant des commissions ad hoc et les participants à la réunion, ouverte lundi, se préparaient à une longue nuit de travail. Les délégués avaient encore la journée de vendredi pour s'entendre sur la formulation du texte.
Ce document de 20 pages devrait apporter peu de nouvelles informations contrairement aux trois rapports publiés cette année par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et vise avant tout à rendre compréhensible pour les décideurs politiques et les bureaucrates un langage technique complexe.
Certains délégués ont déploré la lenteur des travaux, soulignant qu'un simple mot ou une expression pouvaient donner lieu à des heures de débats. Le document examiné à Valence est le fruit de plus de deux ans de travail des experts du GIEC, organisation internationale placée sous l'égide de l'ONU, qui a reçu le mois dernier le prix Nobel de la paix avec l'ancien vice-président américain Al Gore.
Ce "résumé à l'intention des décideurs" souligne le consensus scientifique sur les causes du changement climatique et les mesures possibles pour ralentir la hausse des températures. Le document doit être approuvé par consensus, ce qui signifie que son contenu doit être accepté par tous les gouvernements participants.
Plusieurs commissions travaillaient jeudi sur un passage qui suscite des réticences, concernant les progrès accomplis ces dernières années en matière de recherches sur le climat. Dans le projet présenté, cette section mentionne cinq points: le risque pour des écosystèmes uniques, les risques d'événements climatiques extrêmes, une meilleure identification des lieux à haut risque, une plus grande certitude que le réchauffement aura plus d'effets négatifs que positifs, et le risque de changements abrupts et irréversibles comme l'extinction des espèces.
Selon des participants ayant requis l'anonymat, la délégation américaine a cherché à édulcorer ou éliminer ce passage, arguant que ces points étaient mentionnés ailleurs dans le document. De longues discussions ont également eu lieu sur les inquiétudes de l'Inde concernant l'"adaptation" au réchauffement alors que, d'une manière générale, les pays pauvres souhaitent la mise en place d'un fonds international pour les aider à s'adapter au changement climatique.
Alors que de nombreux points restent à régler, il n'est pas sûr que le GIEC parviendra à respecter l'échéance de vendredi à 18h (16h GMT, 17h à Paris) qu'il s'est lui-même fixée pour rendre son rapport, qui doit être publié samedi par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
Le document fera office de document de référence pour les négociations à la Conférence de l'ONU à Bali, du 3 au 14 décembre, qui doit donner le coup d'envoi de négociations pour un nouvel accord international sur la réduction des gaz à effet de serre devant succéder au protocole de Kyoto.