Pourtant, lorsque l'arrêt-court étoile de 21 ans des Rockies du Colorado rencontre d'autres joueurs des ligues majeures, il redevient un jeune aux yeux grand ouverts qui se retrouve face à un héros d'enfance et qui lui demande une autographe.
"J'en ai probablement 20 ou 30 dans mon casier, avoue Tulowitzki. Mais quand c'est un joueur que je respecte vraiment j'obtiens habituellement un bâton."
Un bâton signé par Derek Jeter se retrouve sur un mur de son loft au centre-ville de Denver, à côté de celui de Nomar Garciaparra.
En fait, Tulowitzki a dû demander à Garciaparra de lui envoyer un autre bâton puisque le voltigeur des Dodgers de Los Angeles avait mal épelé son nom. Tulowitzki lui a demandé son autographe en faisant le saut dans les majeures, après avoir disputé seulement 126 matchs dans les ligues mineures.
"Il a écrit 'Tony', explique Tulowitzki. Il s'est vraiment senti mal. Alors chaque fois que je le vois il s'excuse et continue à me faire parvenir des bâtons. C'est plutôt drôle mais je crois que cela nous a rapprochés."
Des coups sûrs opportuns et des jeux défensifs brillants ont rapidement fait connaître le nom de Tulowitzki cette saison.
Ce dernier a réussi le 11e triple-jeu sans assistance dans l'histoire des majeurs, il a conservé une moyenne au bâton de ,291 avec 24 circuits et 99 points produits, et a été le meilleur arrêt-court des majeures au chapitre des double-jeux notamment.
Ses 24 circuits sont le plus haut total jamais réussi par un arrêt-court recrue dans la Ligue nationale, le plaçant au deuxième rang derrière Garciaparra, qui en avait claqués 30 avec les Red Sox de Boston en 1997.
De plus, aucun autre arrêt-court recrue au cours des 50 dernières années n'a produit autant de points que Tulowitzki.
Ce dernier s'est montré à la hauteur de la situation lorsqu'il a cogné quatre coups sûrs dans la victoire de 9-8 en 13 manches des Rockies contre les Padres de San Diego lors du match de bris d'égalité dans la Ligue nationale.
Bien qu'il n'ait obtenu que deux coups sûrs en 12 quand Colorado a balayé sa série de division contre Philadelphie, son circuit dans le deuxième match, son rendement formidable en défensive, la puissance de son bras de même que son influence calmante, ont aidé les Rockies à atteindre la série de championnat de la Ligue nationale contre les Diamondbacks de l'Arizona. La série commence jeudi soir.
"Il a incroyablement bien joué pendant toute la saison lors des matchs importants, indique son coéquipier Todd Helton.
"Et il l'a encore fait lors des séries", ajoute-t-il.
Selon le gérant Clint Hurdle, Tulowitzki a joué un rôle de catalyseur pendant la saison spectulaire des Rockies. Ceux-ci ont établi un record d'équipe en inscrivant 90 victoires, ils ont atteint les séries pour la première fois depuis 1995 et ils ont gagné leur première série en 15 ans d'histoire.
Le troisième-but Garrett Atkins lui réserve le plus grand des compliments: "Le fait de jouer avec lui a fait de nous de meilleurs joueurs. Ce qu'il a en lui ça ne s'enseigne pas. Cela fut un plaisir pour nous de faire partie de cette aventure."
Le releveur Matt Herges, qui en est à sa septième équipe dans les majeures, en rajoute. "Je n'ai jamais joué avec quiconque qui ait un physique comme lui, une puissance, une portée, et un bras comme les siens. Il est issu du même moule qu'un Nomar, un A-Rod ou un Jeter."
Tulowitzki vit dans le même édifice qu'Allen Iverson, l'étoile de la NBA, dont il a rapidement obtenu une autographe.
"Je l'ai rencontré au début de la saison et il se disait probablement 'ce gars-là n'est pas très bon'. Mais la situation a un peu changé. Maintenant il veut des billets."
Iverson, qui joue pour les Nuggets de Denver, explique que Tulowitzki a fait de lui un partisan des Rockies.
"Je ne savais pas à quel point il était bon. Je n'avais jamais entendu parler de lui avant, avoue Iverson. Maintenant je l'encourage."