"Il n'y a personne ici qui trouve qu'il y a une controverse quelconque", a déclaré le ministre Philippe Couillard, en parlant d'une "création un peu artificielle", qu'il est bien déterminé à ne pas nourrir.
Arrivée à La Rochelle en début d'après-midi, après avoir passé deux heures sur les plages du débarquement en Normandie avec le président Nicolas Sarkozy, la gouverneure générale Michaëlle Jean a tout de même été la vedette de la journée, s'offrant un bain de foule enthousiaste aux côtés de la candidate à la dernière élection présidentielle et présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal.
Le mari de Michaëlle Jean, Jean-Daniel Lafond, n'est pas étranger à ce succès. Il a vécu à La Rochelle et y possède encore des attaches. C'est lui qui préparé, pour une large part, ce volet très attendu de la visite de la gouverneure générale, indique-t-on.
Puis la gouverneure générale est montée à bord du Belem, un célèbre trois mats construit en 1896. Elle y a notamment retrouvé le ministre Couillard, responsable de la région de Québec, le maire Régis Labeaume et l'ex-premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, qui coordonne les festivités côté français.
Tout ce monde a pris la parole tour à tour pour souhaiter "bon vent" aux équipages de la cinquantaine de voiliers de plaisance qui allaient une heure plus tard prendre la mer pour Québec, où ils doivent arriver le 24 juin. Dans leurs discours, pas la moindre trace de la fameuse polémique suscitée par l'absence du premier ministre Jean Charest à cette inauguration.
Michaëlle Jean a préféré sourire de cette affaire, invitant les journalistes qui l'interrogeaient sur le sujet à "rester dans l'esprit de la fête".
"Je crois que ce qu'on est en train de célébrer, c'est une histoire d'amitié qui est extraordinaire, qui est grande et qui l'est pour tout le monde: le Québec et l'ensemble du Canada", a-t-elle dit au milieu d'une joyeuse cohue.
Pour le ministre Couillard, personne à La Rochelle n'a vu là matière à une quelconque controverse.
"Il n'y a aucune ambiguïté sur ce qu'on célèbre. On célèbre les 400 ans de Québec, 400 ans de présence française en Amérique. Et ça s'adonne, comme on dit, que le Québec est dans le Canada, que le Canada participe aux célébrations. A mon avis, c'est une création un peu artificielle cette polémique, qu'on essaie d'entretenir mais que nous n'entretiendrons pas."
Personne n'en avait d'ailleurs envie, en contemplant les voiliers quittant le vieux port au couchant, guidés par le majestueux Belem.
Vendredi, Mme Jean s'envole pour Bordeaux, dernière étape de son séjour.