Dans un communiqué, le Palais royal a annoncé qu'après quatre semaines de discussions exploratoires, "suffisamment d'éléments de convergence" étaient apparues entre les chrétiens-démocrates et les libéraux pour leur permettre de reprendre leurs négociations formelles en vue de la formation d'un gouvernement de centre-droit.
Lors des élections du 10 juin, les formations chrétiennes-démocrates et libérales, qui ont chacune des branches flamandes et francophones, ont remporté la majorité des 150 sièges au Parlement.
Mais, depuis près de quatre mois, les pourparlers sont dans l'impasse, plongeant le pays dans la crise et laissant même se développer l'hypothèse d'une scission du royaume entre la Flandre, qui réclame davantage d'autonomie, et la Wallonie.
En juillet, le roi avait déjà chargé Yves Leterme de former un gouvernement, mais le chef des chrétiens-démocrates flamands avait dû jeter l'éponge cinq semaines plus tard, incapable de trouver les soutiens suffisants à un gouvernement de coalition.
Cette seconde tentative n'est pas, elle non plus, certaine d'aboutir. Agé de 46 ans, Yves Leterme est en effet très impopulaire en Wallonie francophone. Le leader flamand n'a-t-il pas un jour estimé que les francophones étaient "intellectuellement incapables" d'apprendre une deuxième langue. Plus récemment, il a créé la stupeur quand, interrogé par un journaliste francophone pour savoir s'il connaissait l'hymne belge, Yves Leterme s'est mis, de manière provocante, à entonner l'hymne français.
Les réactions à la nouvelle nomination de M. Leterme en vue de former un gouvernement ont d'ailleurs été plutôt fraîches. Ainsi, Bart De Wever, chef du parti nationaliste flamand, allié aux chrétiens-démocrates, a reconnu que plusieurs divergences persistaient, avant d'ajouter: "Je ne parierais pas de l'argent sur la date de prise de fonction d'un nouveau gouvernement".
Yves Leterme, pour sa part, n'a pas fait de déclarations dimanche après la publication du communiqué du Palais royal.
La principale difficulté concerne une demande des chrétiens-démocrates et des libéraux néerlandophones visant à obtenir plus d'autonomie régionale pour la Flandre, dans les domaines de la santé, de la justice et des transports, et le redécoupage d'une circonscription bilingue, dans la région de Bruxelles, une requête que la Cour constitutionnelle avait déclaré illégale plus tôt cette année.