A cette occasion, les éditions Viking viennent de publier aux Etats-Unis la version d'origine du roman paru le 5 septembre 1957. Aujourd'hui traduit en 32 langues, il continue de se vendre à environ 100 000 exemplaires par an dans le monde, selon Paul Slovak, vice-président de Viking.
Chef d'oeuvre de Kerouac, "Sur la Route" ("On the Road") raconte les pérégrinations initiatiques de son auteur (baptisé Sal Paradise dans le livre) et de son ami Neal Cassady (Dean Moriarty) à travers les Etats-Unis de la fin des années 40 et du début des années 50, sur fond de jazz bebop, de drogues, d'alcool et de rencontres, souvent féminines.
Etudié aujourd'hui partout dans le monde et intégré à la très officielle "Library of America", le roman a été une source d'inspiration pour écrivains ou musiciens. De l'organiste Ray Manzarek, qui a une fois assuré que les Doors n'auraient jamais existé sans lui, à Bob Dylan, qui, dans ses mémoires, écrit que l'oeuvre "a été comme une Bible" pour lui dans sa jeunesse.
Près de quarante ans après sa mort, en octobre 1969 à l'âge de 47 ans, Jack Kerouac continue également d'influencer nombre de jeunes routards en quête d'aventure et de liberté, qui préfèrent garder à l'esprit le souffle de son oeuvre plutôt que la déchéance de la fin de sa vie.
Né à Lowell dans le Massachusetts en 1922, Kerouac a en effet sombré dans l'alcoolisme après avoir connu le succès, succombant à une hémorragie interne au terme de plusieurs années d'errance et d'échecs littéraires.
Pour ses fans, ce fils d'immigrants canadiens-français incarnait avant l'heure le mode de vie sur le point d'éclore dans les années 1960: adepte des religions orientales, fumeur de marijuana et consommateur d'acide, il consacrait ses expériences à la découverte des sens, découverte qui, dans son cas, conduisit à l'auto-destruction.
Mais d'autres voient en lui le symbole du héros rebelle des années 1950, plus désireux de sortir du système que de le changer en profondeur, et viscéralement attaché à ses racines. Kerouac vécut longtemps avec sa mère et, entre deux voyages en auto-stop à travers l'immensité américaine, retournait fréquemment dans sa ville natale de Lowell.
Cette localité du Massachusetts exploite aujourd'hui pleinement le nom de son plus illustre habitant, proposant notamment des excursions estampillées "Kerouac". Et sa tombe, au cimetière d'Edson, est régulièrement fleurie et ornée de divers objets par les fans de passage.