Selon l'avocat Eddie Greenspan, puisque le système judiciaire avait "disculpé" le Dr Perrault, il y avait désormais une obligation de "récompense". Il a cependant indiqué que la décision de poursuivre le gouvernement ou non n'avait pas encore été prise.
Le Dr Perrault, trois autres médecins et une compagnie pharmaceutique du New Jersey ont été reconnus non coupables lundi de toutes les accusations portées contre eux.
Dans son jugement, la juge de la Cour supérieure de l'Ontario, Mary Lou Benotto, a décrit le comportement de l'ex-directeur de la Croix-Rouge à l'époque du scandale dans les années 1980 comme "attentionné", et a soutenu qu'il n'y avait pas d'élément indiquant qu'il pouvait être blâmé.
"Je pense qu'à la lumière du jugement, la question n'est pas : Pourquoi n'a-t-il pas été condamné?, mais plutôt: pourquoi y a-t-il eu poursuite?", a déclaré Me Greenspan.
Il a déjà déposé une motion devant la cour pour le remboursement des frais légaux de son client.
Mis au courant d'une possible poursuite de la défense, John Plater, de la Société canadienne d'hémophilie, a affirmé que le scandale du sang contaminé n'était pas le genre de cas où l'on pouvait s'être trompé de coupable.
"Ces derniers temps, nous avons beaucoup entendu parler des personnes qui ont été emprisonnées par erreur et de leur droit de demander une compensation pour ça", a fait valoir M. Plater.
"Dans ce cas-ci, il n'y pas erreur sur la personne. La seule question était de savoir si le comportement (des accusés) était criminel ou non. Le juge a déclaré qu'ils n'étaient pas coupables. C'est une situation complètement différente."
Plus de 1000 Canadiens ont contracté le VIH et plus de 20 000, l'hépatite C, après avoir reçu des produits sanguins contaminés dans les années 1980.
Le Dr Perrault a fait face à quatre accusations de négligence criminelle ayant causé des lésions et une accusation de nuisance publique pour avoir soit disant administré des produits coagulants infectés à des hémophiles.
Le Dr Perrault devra néanmoins subir un second procès à Hamilton, possiblement cette année, malgré le fait qu'il ait été blanchi lors de son premier procès.
Me Greenspan croit que le jugement de lundi pourra eventuellement faire obstacle à la poursuite déposée à Hamilton.
D'autre part, M. Plater demande au public d'attendre l'issue du second procès pour se faire un jugement sur ce qui s'est vraiment passé dans l'affaire du sang contaminé.