"En venant ici dès ma prise de fonction, je n'ai pas voulu seulement accomplir un geste symbolique. J'ai voulu exprimer mon souhait que nous nous mettions tout de suite au travail, car il y a urgence à agir", a déclaré le nouveau chef de l'Etat lors d'une déclaration conjointe aux côtés d'Angela Merkel à la chancellerie, à Berlin.
"La première urgence", a-t-il détaillé, "c'est de sortir l'Union européenne de sa paralysie actuelle". "Il est nécessaire pour cela que l'Allemagne, qui exerce aujourd'hui la présidence de l'Union européenne, et la France, qui a toujours été son partenaire privilégié en Europe, s'entendent, s'épaulant l'une l'autre", a-t-il plaidé.
"La deuxième urgence est celle qui a trait à la coopération industrielle entre nos deux pays, et naturellement d'abord le dossier EADS", a poursuivi Nicolas Sarkozy. "Il me paraissait donc nécessaire que nous ne perdions pas une minute. C'est ce que je suis venu faire dès aujourd'hui avec Angela Merkel." Le plan social Power 8 chez Airbus, portant sur 10.000 licenciements d'ici quatre ans, avait provoqué des frictions entre les deux pays durant la campagne présidentielle française.
"La politique de la France telle que je la conçois ne sera pas marquée du sceau de l'attentisme, ni en matière de politique intérieure, ni en matière de politique européenne, ni en matière de politique étrangère", a promis le président. "Les sujets sur lesquels nous avons, Allemands et Français, à travailler ensemble sont si importants que l'attentisme, que l'immobilisme, que le conservatisme ne peuvent pas être des solutions."
Un message relayé par la chancelière allemande, qui a affiché son intention de parvenir à des "progrès" au niveau européen. "Nous allons nous mettre au travail dès aujourd'hui, car nous avons beaucoup de pain sur la planche", a-t-elle souligné, citant le conseil européen des 21 et 22 juin. Elle a réitéré son souhait que, "d'ici les élections au Parlement européen en 2009, nous mettions l'Union européenne sur de nouvelles bases contractuelles", et ce "dans la plus étroite des concertations".
Lors du sommet de Bruxelles, il s'agira "de faire un pas de plus en avant et nous commencerons à en parler aujourd'hui", a-t-elle indiqué. Aucun des deux dirigeants n'a évoqué le projet de "traité simplifié" proposé par Nicolas Sarkozy, qui devait être au coeur de leur entretien en tête-à-tête et de leur dîner de travail, prévus dans la foulée de cette déclaration commune.
Face à ces "urgences", Nicolas Sarkozy s'est pour sa part montré confiant et déterminé. "Je suis sûr qu'en nous mettant au travail, nous arriverons Angela Merkel et moi à des résultats, c'est en tout cas mon souhait le plus cher", a-t-il glissé, regrettant le "retard" pris durant la campagne présidentielle. "L'Europe attend que nous prenions des initiatives. Je suis venu en Européen, en ami, avec la claire conscience qu'il faut des résultats et que nous n'avons plus le temps."
"Je ne crois pas que les problèmes trouvent de meilleures solutions quand on attend plus longtemps pour les traiter", a-t-il relevé. Se tournant vers sa "chère Angela", il lui a adressé ce message: "J'ai grande confiance en toi, j'ai beaucoup d'amitié pour toi et j'ai parfaitement conscience des responsabilités qui sont les nôtres pour être à la hauteur de tous ceux qui, dans le passé, ont construit l'amitié entre l'Allemagne et la France."