En arrivant mardi devant le comité parlementaire qui étudie ses relations avec M. Mulroney, M. Schreiber a promis un moment historique et des révélations spectaculaires.
En réponse aux questions des députés, il a assuré que, quand il a rencontré M. Mulroney en juin 93, alors qu'il était encore premier ministre, ils n'ont pas discuté d'argent. Ils se seraient cependant entendus pour faire des affaires ensemble plus tard.
Les députés conservateurs au sein du comité parlementaire ont cherché à prouver que ceci contredisait d'autres déclarations faites par M. Schreiber.
L'homme d'affaires a aussi été très direct à propos d'Airbus. En réponse à une question du Bloc québécois, il a clairement dit que les 300 000 $ qu'il a versés en argent comptant à M. Mulroney n'ont rien à voir avec Airbus.
M. Schreiber avait entamé son témoignage, avant même qu'on ne lui pose une question, en déclarant qu'il a donné 30 000$ en argent comptant au frère de Jean Charest pour aider à financer sa campagne au leadership du Parti progressiste conservateur, en 1993.
Il avait auparavant fait remarquer que cet argent n'apparaît sur aucun document officiel.
A Québec, le premier ministre Charest a aussitôt réagi aux propos de M. Schreiber, en admettant qu'il avait effectivement reçu de l'argent de sa part, en 1993, lors de la course au leadership du Parti conservateur.
Sauf qu'il soutient avoir reçu 10 000 $ et non 30 000 $, comme l'a prétendu dans son témoignage M. Schreiber.
Lors d'un point de presse improvisé, à l'entrée du caucus des députés libéraux, M. Charest a dit avoir contacté son frère Robert, aussitôt après avoir entendu le témoignage de M. Schreiber.
A l'époque, Robert Charest était responsable bénévole de la gestion des dépenses de la campagne de son frère et non de sa campagne de financement comme telle, et c'est à lui que l'argent a été versé.
"J'ai été étonné d'apprendre cette nouvelle-là", a dit Jean Charest, affirmant n'avoir jamais été mis au fait que Karlheinz Schreiber avait contribué à financer sa campagne, lors de la course au leadership finalement remportée par Kim Campbell.
Par ailleurs, le premier ministre ne se souvient pas s'il a ou non rencontré M. Schreiber quand il était ministre de l'Environnement dans le cabinet Mulroney.
"Honnêtement, moi, je n'ai aucun souvenir d'avoir rencontré M. Schreiber et en plus je n'ai traité aucun de ses dossiers", a dit M. Charest.
Les députés fédéraux avaient convoqué M. Schreiber pour lui demander pourquoi il a donné 300 000$ en argent comptant à Brian Mulroney. Il reviendra devant le comité parlementaire jeudi. M. Mulroney y est attendu mardi prochain.
Par ailleurs, M. Schreiber pourrait redevenir un homme libre s'il verse une caution de 1.3 million $. C'est ce qu'a décidé la Cour d'appel de l'Ontario, à Toronto.
M. Schreiber cherche à faire annuler un ordre d'extradition vers l'Allemagne où il est accusé de fraude et d'évasion fiscale. La Cour suprême doit décider d'ici quelques mois si elle entend ou non son appel.