C'était la première fois que le ministre serbe des Affaires étrangères Vuk Jeremic s'entretenait avec ses homologues de l'UE depuis que les pays européens ont commencé à reconnaître l'indépendance du Kosovo le mois dernier. A ce jour, 18 des 27 pays membres de l'UE ont officiellement reconnu l'indépendance de l'ancienne province serbe.
Jeremic a insisté sur le fait que la reconnaissance du Kosovo par les pays européens était dangereuse, contreproductive et illégale et qu'elle faisait le jeu des nationalistes qui se présenteront lors des élections serbes du 11 mai.
Il a dit à ses homologues européens ne pas être certain que son parti ou d'autres forces pro-européennes en Serbie puissent remporter une majorité législative tant que le Kosovo continuera à être considéré comme un pays indépendant. Il a également exprimé son inquiétude quant au sort des Serbes du Kosovo noyés dans une écrasante majorité de Kosovars d'origine albanaise.
"Je crains qu'aujourd'hui, la Serbie ne soit plus éloignée qu'elle ne l'a jamais été de l'Union européenne", a déclaré Jeremic lors de la réunion entre ministres.
La Serbie est bien consciente que les suspects de crimes de guerre pendant la guerre des Balkans doivent être traduits devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye et que le rôle de Belgrade dans leur traque est une condition de la normalisation des relations entre la Serbie et l'UE.
"Nous localiserons, arrêterons et remettrons Ratko Mladic et d'autres suspects de crimes de guerre", a déclaré Jeremic aux ministres européens.
S'adressant plus tard aux journalistes, il a affirmé que l'engagement de Belgrade de coopérer pleinement avec le TPIY de La Haye aboutirait "dans un futur très proche" à la remise des derniers suspects en cavale, "en premier lieu le général Ratko Mladic". Il n'a pas développé.
Mladic est recherché pour génocide et crimes contre l'humanité, commis notamment lors du massacre de 8.000 hommes et jeunes garçons musulmans à Srebrenica en 1995, pendant les guerres des Balkans.
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont rencontré à part le ministre du Kosovo Hashim Thaci.
Jeremic et Thaci ne se sont pas rencontrés au cours de ce sommet des ministres européens qui a duré deux jours, dans une localité du nord de la Slovénie.
Thaci a affirmé que son pays voulait entretenir de bonnes relations avec tous ses voisins "y compris la Serbie", et, pourquoi pas, devenir membre de l'UE et de l'OTAN.
La reconnaissance du Kosovo par la plupart des pays de l'UE ces cinq dernières semaines a constitué un obstacle de plus aux relations déjà tumultueuses qu'entretiennent Belgrade et l'Union européenne.