Astral Media a défendu cette thèse d'un fonds à deux volets, mercredi, devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
Le CRTC tient des audiences toute la semaine, à Gatineau, sur l'avenir du Fonds canadien de télévision. Ces audiences ont été rendues nécessaires après que les câblodistributeurs Vidéotron et Shaw eurent suspendu leur contribution, l'an dernier, mécontents qu'ils étaient de la gouvernance du fonds et de son mode de fonctionnement.
Ce fonds sert à financer la production d'émissions canadiennes.
Astral a ainsi proposé d'instituer un volet public au fonds, qui serait accessible aux diffuseurs publics et sans but lucratif et qui serait alimenté par l'argent du gouvernement fédéral.
L'autre volet du même fonds serait accessible à l'ensemble des diffuseurs privés commerciaux et serait alimenté par les contributions des entreprises de distribution de radiodiffusion.
Lettre incisive
Par ailleurs, le CRTC a rendu publiques les lettres échangées ces derniers jours entre le grand patron de Shaw Communications, Jim Shaw, et le président du CRTC, Konrad von Finckenstein. M. Shaw, reconnu pour son style incisif, est à la source de la crise qui a secoué le fonds, l'an dernier, lorsqu'il a suspendu sa contribution, tout comme Vidéotron.
Fait à noter, Shaw Communications doit comparaître jeudi devant le CRTC.
Dans sa lettre, M. Shaw poursuit sa critique vitriolique du Fonds canadien de télévision, n'y voyant que "du gaspillage de millions de dollars payés par les abonnés et les contribuables". "Le Fonds canadien de télévision est brisé et ne peut être réparé", tranche-t-il.
M. Shaw évoque également "l'échec du fonds" qui constituera "une occasion ratée" si les autorités n'en profitent pas pour apporter des changements en profondeur dans son mode de fonctionnement et sa gouvernance. "Le Fonds canadien de télévision ne peut pas continuer à dépenser plus de 250 millions $ chaque année de l'argent des contribuables et des abonnés sans être tenu responsable pour son manque de résultats", critique encore M. Shaw.
Il prévient ensuite le CRTC: "nous allons continuer à suivre le dossier avec un intérêt soutenu et nous ne disparaîtrons pas".
M. von Finckenstein lui a répliqué que le CRTC avait lui aussi à coeur le fait que l'argent des contribuables soit justement affecté et dépensé. Et, avec une pointe d'humour, il conclut ainsi: "soyez rassuré: nous n'avons jamais eu peur que vous disparaissiez!"
Corus
De son côté, Corus Entertainment a plaidé pour un système qui encourage davantage une véritable indépendance des producteurs indépendants. Le vice-président Gary Maavara a déploré le fait que les producteurs indépendants étaient encore trop dépendants des subventions.
"En voulant soutenir la création d'un secteur de production indépendante, nous avons encouragé le développement d'une industrie grandement dépendante, soutenue par un système de subventions de plus en plus complexe, qui ignore la réalité économique globale", a déploré Corus dans son mémoire.