Le médecin d'origine palestinienne et les infirmières bulgares, arrêtés en Libye en 1999, ont été condamnés à mort sous l'accusation d'avoir délibérément inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants libyens. Les six soignants ont été relâchés le 24 juillet après que leurs peines aient été commuées en prison à vie. Rentrés à Sofia à bord d'un avion français, ils ont été immédiatement graciés par le président de la Bulgarie et libérés. Ils ont expliqué que leurs aveux avaient été extorqués sous la torture.
"Oui, ils ont été torturés à l'électricité et ils ont fait l'objet de menaces que les membres de leur famille seraient visés. Mais une grande partie de ce que le médecin palestinien (naturalisé bulgare, NDLR) a affirmé est un pur mensonge", a ajouté Seif al-Islam Kadhafi au cours de l'entretien diffusé mercredi à l'antenne et publié jeudi sur le site Internet de la chaîne.
Le médecin, le Dr Achraf al-Hazouz, a répliqué jeudi aux déclarations du fils Kadhafi, assurant à l'Associated Press (AP): "je raconte toute la vérité et seulement la vérité".
"Nous avons tous été torturés comme des animaux. Nous sommes des victimes et nous ne l'oublierions jamais", a-t-il déclaré. Le médecin a également rappelé sur Al-Jazira avoir subi "de l'électricité, des coups, des privations de sommeil et de nourriture".
"Ils ont menacé de me violer et ils ont menacé de violer une de mes soeurs", a-t-il ajouté.
De son côté, Snezhana Dimitrova, une des infirmières, s'est réjouie que Kadhafi ait dit la vérité.
"Le fait qu'un Libyen et même le fils de Kadhafi a dit la vérité est très gratifiant et je l'en remercie", a-t-elle déclaré à l'AP.
Les autorités libyennes se sont refusées à tout commentaire, et le gouvernement bulgare n'a pas régi dans l'immédiat.
Le Dr Al-Hazouz a déclaré le mois dernier à la télévision néerlandaise que des policiers libyens l'avaient notamment drogué et torturé à l'aide d'électrodes sur les pieds et les parties génitales. Le médecin et deux des infirmières, Nasya Nenova et Kristiana Valcheva, se sont dits prêts à témoigner devant la commission d'enquête bulgare mise en place en janvier.
Par ailleurs, dans un article consacré à l'entretien et publié sur le site Web d'Al-Jazira, Seif al-Islam Kadhafi affirme que la situation s'améliore en Libye en matière de droits de l'Homme, assurant qu'elle est "meilleure qu'aux Etats-Unis ou n'importe quel pays arabe".