L'événement survient en effet au lendemain d'une déclaration d'Interpol confirmant l'authenticité de documents saisis par Bogota lors d'une opération militaire contre un camp des FARC et qui prouveraient que Caracas a tenté d'armer et de financer la guérilla. Le président vénézuélien Hugo Chavez a vivement démenti.
Le président péruvien Alan Garcia a ouvert le sommet en invitant les quelque 60 dirigeants à mettre de côté les querelles mesquines pour se concentrer sur l'élaboration d'une stratégie contre la pauvreté et le réchauffement climatique.
"Il est impératif que ce qui nous unit prenne le pas dans ce sommet", a-t-il déclaré. "Laissons de côté, pour l'instant, ce qui nous oppose".
Mais certaines querelles étaient trop fraîches pour être oubliées.
Hugo Chavez a déclaré lors d'une pause que "l'un des gros problèmes que nous avons (sur le continent NDLR), c'est le gouvernement de Colombie".
"Le spectacle, les mensonges, la manipulation. Les relations avec les groupes paramilitaires et les trafics de drogue. Ce sont des problèmes graves en Colombie", a-t-il ajouté.
Le chef d'Etat a ensuite traité son homologue colombien, Alvaro Uribe, de "promoteur de la désunion", estimant qu'il ne "s'accorde pas" avec une région où les dirigeants du Venezuela, d'Argentine, du Chili, d'Uruguay, de Bolivie et du Paraguay forment "une confrérie".
Dans une interview radiophonique à Lima, Alvaro Uribe a répondu n'avoir aucun problèmes avec le Venezuela ou l'Equateur, des pays envers lesquels il ressent "la plus grande affection, le plus grand respect".
"La seule chose que nous demandons, c'est de ne pas accueillir de terroristes", a-t-il souligné, ajoutant que son plus grand problème de dirigeant est l'existence des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), une guérilla vieille de plus de 40 ans.
Le Premier ministre François Fillon a pour sa part invité les dirigeants à mettre leurs "intérêts personnels de côté" et à poursuivre leurs efforts pour libérer Ingrid Betancourt, la franco-colombienne, ancienne candidate à la présidentielle colombienne, retenue en otage par les FARC depuis plus de six ans.
En revanche le ton s'est apaisé entre Hugo Chavez et la chancelière allemande Angela Merkel, les deux dirigeants se serrant la main et s'embrassant, après les dures paroles échangées récemment.
Mme Merkel avant suscité la colère du président vénézuélien en déclarant qu'il ne parlait pas pour l'Amérique latine toute entière et que les politiques de gauche qu'il menait n'étaient pas la réponse adaptée aux problèmes de la région. Hugo Chavez avait répliqué en accusant le parti de la chancelière de partager les idéaux d'Adolf Hitler.
Le sommet a également été l'occasion pour le président brésilien Luiz Iniacio Lula da Silva d'affirmer que la production de biocarburants n'alimente pas la hausse des prix alimentaires, comme de nombreux experts internationaux et dirigeants européens soutiennent.
"De toute évidence, l'industrie pétrolière est derrière" ces suggestions, a-t-il déclaré, accusant pour la première fois les producteurs de pétrole. Le Brésil est le premier producteur mondial d'éthanol fabriqué à base de canne à sucre.
Le Premier ministre espagnol Jose Luiz Zapatero a approuvé, estimant "prématuré" de lier la production de biocarburant à la hausse des cours des denrées alimentaires.