La NASA a annoncé mercredi que des photos prises par sa sonde Mars Global Surveyor fournissaient des indices solides suggérant que de l'eau a coulé sur Mars il y a seulement quelques années, et que le phénomène pourrait se poursuivre encore aujourd'hui.
L'ESA va utiliser les instruments de Mars Express, notamment son puissant spectromètre, pour tenter d'approfondir les observations de la NASA, qui peut compter pour étudier Mars sur un autre orbiteur, Mars Reconnaissance Orbiter, et deux robots d'exploration.
"Nos données et les leurs seront complémentaires", déclare Michael Khan, analyste de la mission Mars Express au siège de l'ESA à Darmstadt, en Allemagne. "C'est comme un travail de détective: plus on aura d'indices, plus les éléments de preuve seront probants."
Il a précisé qu'il faudrait à l'ESA plusieurs semaines avant de pouvoir interpréter des données collectées sur les lieux identifiés sur les images de la NASA.
Les photos de deux cratères prises par Global Surveyor en 1999 et 2001, puis à nouveau en 2004 et 2005, révèlent des dépôts dans des rigoles qui ne figuraient pas sur les photos initiales. Dans les deux cas, les chercheurs de la NASA ont conclu que les dépôts -peut-être de la boue, du sel ou du givre-sont le résultat d'un récent écoulement d'eau.
La NASA a perdu brusquement le contact radio avec Global Surveyor le mois dernier et les experts craignent que la sonde soit désormais inutilisable. La découverte de l'agence spatiale annoncée mercredi renforce la thèse selon laquelle la planète rouge pourrait abriter un environnement favorable à la vie.
Selon M. Khan, Mars Express possède trois instruments qui pourraient examiner avec précision des traces éventuelles d'eau: une caméra, un radar et son spectromètre, qui s'est révélé essentiel pour détecter de la glace sur l'astre, souligne le scientifique allemand.
Cet outil tentera de déterminer la nature des sédiments dans les sillons observés sur les images de la NASA, qui pourraient avoir été creusés par un écoulement d'eau.