La Chambre de commerce du Montréal métropolitain et le Conseil des arts de Montréal ont souligné trois de ces rencontres fructueuses, mardi, à l'occasion de la remise des Prix Arts-Affaires 2007.
Ainsi, le prix de la catégorie grande entreprise a été décerné à SSQ Groupe financier pour son soutien de la Cité des arts du cirque de la TOHU.
L'entreprise TP1 Communication électronique a obtenu le prix dans la catégorie PME pour sa collaboration au financement et au développement d'outils promotionnels du Pont Bridge, une cellule de création en théâtre multidisciplinaire.
Enfin, dans la catégorie personnalité arts-affaires, le prix a été décerné à Florence Junca-Adenot pour son implication, entre autres, auprès de l'Agora de la danse, un organisme qu'elle a fondé il y a 20 ans et qu'elle préside depuis ce temps.
La remise des prix a eu lieu lors d'un déjeuner-conférence de la Chambre de commerce où étaient invités comme conférenciers le pdg de Quebecor, Pierre-Karl Péladeau, et la directrice générale du Théâtre du Nouveau Monde, Lorraine Pintal.
Ceux-ci ont échangé sur le thème des arts et des affaires ainsi que du soutien de la culture en général, lors d'une discussion animée par la présidente de la Chambre, Isabelle Hudon.
Pierre-Karl Péladeau a dit croire en la nécessité pour le secteur privé de soutenir la culture, mais aussi l'industrie culturelle, faisant la distinction entre les deux. Il a notamment rappelé que l'industrie culturelle fait vivre des techniciens, des propriétaires de salles de spectacles et une multitude d'autres artisans qui ne sont pas eux-mêmes des créateurs.
L'homme d'affaires a aussi noté que l'investissement dans l'industrie culturelle devenait aussi une question de rentabilité dans certains cas.
"Il faut faire en sorte que cette activité culturelle, cette industrie culturelle demeure riche, vivante, mais il faut qu'elle soit rentable", a dit le pdg de Quebecor.
Lorraine Pintal, pour sa part, a répliqué que l'aide de l'Etat demeurait indispensable au milieu culturel pour maintenir l'accessibilité pour le grand public aux événements artistiques. En point de presse, par la suite, elle a ajouté que ce soutien, tout comme le mécénat privé, est également essentiel pour soutenir les arts plus expérimentaux, plus marginaux et donc moins rentables.
"Les mentalités ont énormément évolué, a dit Mme Pintal. Un artiste de théâtre expérimental ou d'arts plus exploratoires, maintenant, c'est naturel pour lui d'aller du côté de l'entreprise privée pour aller chercher des sous pour financer sa production, alors qu'il y a 20 ans ça ne s'imaginait même pas."
Mme Pintal a également livré un vibrant plaidoyer pour la revitalisation du quartier des spectacles de Montréal, déplorant le retard dans de nombreux projets comme la Place des festivals et l'absence complète de signalisation culturelle dans ce quartier.
Pierre-Karl Péladeau a aussi déridé l'assistance lorsqu'il a pris un exemplaire du Journal de Montréal, dont il est propriétaire, pour en sortir une copie du quotidien concurrent La Presse dissimulée à l'intérieur, afin de citer un sondage qui y avait été publié la veille et qui classait la culture au dernier rang des priorités qui devraient préoccuper l'administration du maire Gérald Tremblay d'ici la fin de son mandat.