M. Dion et son adjoint, Michael Ignatieff, ont rencontré M. Karzaï à Kaboul, pour discuter du futur rôle du Canada dans le pays en guerre.
Quelque 2500 soldats canadiens sont stationnés dans le sud de la province de Kandahar, où les insurgés talibans s'opposent avec violence au gouvernement Karzaï et à ses alliés occidentaux.
Le mandat canadien actuel doit expirer en février 2009, ce qui forcerait une rotation de soldats d'autres pays de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) de l'OTAN dans la province - une difficile tâche pour laquelle peu de nations ont manifesté un intérêt.
Le Canada doit décider plus tard cette année s'il poursuit au non la mission de combat, une option favorisée par le gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Harper.
Mais MM. Dion et Ignatieff, à l'image des l'opinion des partis d'opposition et d'une majorité du public canadien, ont indiqué au président afghan qu'ils croient que la mission de combat du Canada ne devrait pas être prolongée.
Ils ont cependant indiqué à M. Karzaï qu'ils sont favorables à la poursuite des efforts de diplomatie et de développement, ainsi qu'à la possibilité du prolongement d'une présence militaire en Afghanistan.
Rien n'a filtré sur la réaction de M. Karzaï à la position présentée par les libéraux, même si M. Dion a indiqué que le chef afghan a remercié le Canada pour sa contribution actuelle au cours de la rencontre.
"Le Parti libéral du Canada est très fier de ce que font nos concitoyennes et nos concitoyens en uniforme pour pacifier et stabiliser cette région du monde", a affirmé dans un communiqué M. Dion.
Le communiqué a aussi confirmé que les deux hommes ont signalé leur souhait de voir un changement de cap dans la mission canadienne.
"Nous ne sommes pas effrayés par les risques, a déclaré M. Dion aux journalistes à Kaboul. Mais nous voulons être sûrs d'avoir une mission équilibrée après 2009 qui aidera le mieux possible les gens de l'Afghanistan."
"Nous sommes convaincus (...) que nous aurons plusieurs choses à faire (en Afghanistan) qui demanderons que nous prenions des risques. Mais peu importe où nous irons - que ce soit le Darfour ou Haïti - il y aura toujours des risques."
Soixante-seize membres des forces canadiennes sont morts en Afghanistan depuis le début de la mission en 2002, dont plus de 30 au cours de la seule dernière année.
M. Ignatieff a estimé que la rencontre avec M. Karzaï avait été "très fructueuse" et a espéré qu'il s'agissait de "la première de nombreuses autres à venir".
Les deux hommes ont aussi discuté avec M. Karzaï de la question controversée des attaques aériennes et des manoeuvres d'artillerie pour lutter contre l'insurrection, d'après le communiqué libéral. Le président afghan a critiqué par le passé les lourdes pertes civiles qui accompagnent parfois ces frappes.
MM. Dion et Ignatieff ont aussi "fait savoir qu'ils tenaient à ce que le Canada réclame une solution immédiate, à l'échelle de l'OTAN, pour empêcher que des détenus risquent la torture en cas de transfert", sans élaborer davantage.