Les partis de l'opposition croient toutefois que le parti montre sa propre homophobie en pardonnant Tom Lukiwski.
Commentant cette affaire pour la première fois lundi, M. Harper a déclaré aux Communes que les propos de M. Lukiwski étaient offensants et inacceptables.
Il a toutefois expliqué que le dossier est clos, puisque le député de Regina, en Saskatchewan, a déjà présenté des excuses sincères.
M. Harper était au sommet de l'OTAN à Bucarest, en Roumanie, la semaine dernière, quand la bande vidéo tournée en 1991 a refait surface. On peut y entendre M. Lukiwski déclarer que les homosexuels sont des "tapettes avec des saletés sous les ongles et qui transmettent des maladies".
La vidéo a été enregistrée pendant une fête bien arrosée au quartier général du Parti progressiste conservateur de la Saskatchewan. On peut aussi y entendre le premier ministre actuel de la province, Brad Wall, critiquer l'ancien premier ministre néo-démocrate Roy Romanow en utilisant un accent ukrainien prononcé. M. Wall, qui avait 25 ans à l'époque, a lui aussi présenté ses excuses pour son geste sur la vidéo.
M. Lukiwski s'est excusé peu après la diffusion de la vidéo, jeudi, par des néo-démocrates de la Saskatchewan. Il s'est à nouveau excusé le lendemain, aux Communes, sans tenter de justifier son geste.
"La seule explication, c'est que j'ai été stupide, irréfléchi et insensible", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il n'est pas homophobe et que ces commentaires ne reflètent pas son opinion passée ou actuelle.
Expliquant son refus de congédier M. Lukiwski de son poste de secrétaire parlementaire, M. Harper a mis l'accent sur le fait que les commentaires avaient été faits "il y a près de deux décennies".
Le chef du NPD, Jack Layton, a dit croire lui aussi que les excuses de M. Lukiwski étaient sincères, mais il a affirmé que le premier ministre doit "envoyer un message clair: il y a des conséquences lorsque des membres des minorités font face à ce genre de comportements blessants."
Le député néo-démocrate Bill Siksay, ouvertement homosexuel, croit que le refus de punir M. Lukiwski s'inscrit dans la tendance conservatrice à ne pas lutter pour les droits des homosexuels.
"Les gais et lesbiennes canadiens savent que les conservateurs n'ont jamais soutenu l'égalité totale. Nous craignons que cette attitude (envers Lukiwski) nous montre leur vrai visage", a dit le député.
Le chef libéral Stéphane Dion croit que M. Harper devrait punir Lukiwski pour "montrer aux Canadiens que son gouvernement rejette ces commentaires de mauvais goût".
La sénatrice Nancy Ruth, seule membre ouvertement homosexuelle du caucus conservateur, a dit qu'elle abordera le sujet en réunion mercredi. "Les excuses ne sont jamais suffisantes, a-t-elle déclaré. Il faut passer à l'action."