Un représentant helvète a fait savoir que l'Allemagne peut utiliser des documents bancaires obtenus auprès de la Suisse en 1999 dans la cause contre Schreiber.
Cette cause a eu des répercussions au Canada, où l'homme d'affaires germano-canadien est sous le coup d'une ordonnance d'extradition, suspendue jusqu'à la tenue prochaine d'une enquête publique sur ses transactions avec l'ex-premier ministre Brian Mulroney. Celui-ci a reconnu avoir accepté 225 000 $ comptant de l'homme d'affaires, après avoir quitté la politique en 1993, en échange de démarches pour promouvoir un projet de construction de blindés légers pour le compte d'un client de Schreiber, Thyssen.
Les autorités allemandes affirment que Schreiber - qui a oeuvré comme lobbyiste, conseiller et intermédiaire - a omis de payer l'impôt sur des millions de dollars perçus en commissions.
L'an dernier, la Suisse avait refusé aux enquêteurs allemands le droit d'utiliser des documents bancaires, soupçonnant qu'il s'agissait uniquement d'une enquête pour fraude fiscale. L'évasion fiscale n'est qu'une infraction administrative en Suisse, qui ne fournit pas d'aide judiciaire aux gouvernements étrangers dans de tels cas, a expliqué Folco Galli, porte-parole du ministère suisse de la Justice. Cependant, elle le fait dans les causes de blanchiment d'argent, de corruption et autres actes délictueux. Les Suisses ne croient plus que l'enquête allemande vise uniquement l'évasion fiscale, a ajouté M. Galli.
Des tensions existantes se sont accentuées récemment entre les deux pays, dans la foulée d'une enquête de l'Allemagne sur un stratagème d'évasion fiscale passant par la petite principauté du Liechtenstein, dont les règles sur le secret bancaire sont semblables à celles de la Suisse.
La chancelière allemande Angela Merkel doit se rendre en visite en Suisse à la fin d'avril.