Au cours d'une conférence de presse commune, Lyes Merabet, porte-parole de la Coordination nationale des syndicats autonomes de la fonction publique (CNSAFP), a expliqué les raisons de cette grève: "la révision de la grille des salaires a été vite rattrapée par l'inflation et le gouvernement persiste dans sa démarche irresponsable: il refuse d'associer les syndicats autonomes de la fonction publique aux débats qui concernent leur avenir".
De son côté, le porte-parole du syndicat des enseignants du secondaire, Meziane Mériane, a contesté la "manière clandestine" qu'utilise le gouvernement de Abdelaziz Belkhadem pour réviser les statuts particuliers des personnels de la fonction publique, en excluant les syndicats autonomes.
Considérant que les syndicats autonomes ne sont pas représentatifs, le gouvernement préfère en effet traiter avec la très officielle Union générale des travailleurs algériens (UGTA), survivance du parti unique, considérée comme un appendice du pouvoir dans le monde du travail.
L'appel à la grève inquiète cependant les autorités, particulièrement dans les secteurs de l'enseignement supérieur et dans l'éducation, à l'approche des examens de fin d'année. Le gouvernement a mis en garde les syndicats autonomes contre des "actions anarchiques et perturbatrices" et menacé de recourir à la justice pour déclarer illégale leurs actions.
Une série de grève lancées par les syndicats autonomes agite le front social depuis septembre. Ces syndicats revendiquent des augmentations de salaires, le statut d'interlocuteur avec les autorités et la liberté d'exercice syndical, reconnue dans la constitution algérienne.