Selon un rapport présenté lundi au Parlement indien, malgré les efforts consentis par le gouvernement pour préserver le monument érigé au XVIIe siècle par l'empereur moghol Shah Jahan, la pollution fait son oeuvre et donne "une nuance jaune à la surface de marbre".
Cette coloration est due à des niveaux importants de "particules de matière suspendues" -de microscopiques granules de déchets dans l'air-généralement causées par la combustion de carburants fossiles ou par la poussière.
Les auteurs du rapport ont basé leurs conclusions sur les données du Laboratoire de surveillance de la pollution de l'air d'Agra, ville située à environ 210km de New Delhi, dans le nord de l'Inde, où est construit le Taj Mahal.
Pour limiter les effets de la pollution, les voitures et les autocars ne sont pas autorisés à approcher du Taj Mahal et doivent se garer à environ deux kilomètres du site. De là, les touristes peuvent prendre des autocars roulant à l'électricité ou des calèches pour se rendre jusqu'au monument. Mais la pollution est bel et bien là, et des experts recommandent donc l'application d'argile sur le mausolée pour redonner toute sa jeunesse à son marbre.
"Pour rétablir la gloire virginale du Taj Mahal", le rapport préconise donc, "comme mesure de conservation, un traitement à l'argile non-corrosive et non-abrasive" afin de "retirer les dépôts qui s'accumulent".
Ce traitement a déjà été appliqué une fois mais devra être répété toutes les deux ou trois semaines pour que le Taj Mahal conserve sa couleur blanche, a indiqué mardi à l'Associated Press P. Dayalan, président du Fonds archéologique chargé de l'entretien du site.
Le processus prend environ deux mois à chaque fois: il consiste à recouvrir le monument d'argile qu'on laisse ensuite sécher avant de laver le tout. Il coûte 230.000 dollars (170.000 euros), selon P. Dayalan. Un jardin a également été installé derrière le monument pour tenter d'absorber certaines des particules, a-t-il précisé.
Le Taj Mahal a été construit par l'empereur moghol Shah Jahan entre 1632 et 1654 en l'honneur de son épouse préférée Mumtaz Mahal. Il abrite leurs deux tombes et une mosquée, ainsi que les tombes de membres de familles royales mogholes. Environ trois millions de touristes le visitent chaque année.