A Paris, le ministère des Affaires étrangères a confirmé que "l'un des otages membres de l'association Terre d'Enfance a été effectivement libéré ce matin en Afghanistan". Dans un communiqué, Jacques Chirac a dit se réjouir de cette libération, ajoutant dans un communiqué: "Tous doivent maintenant redoubler d'efforts pour obtenir celle des autres otages dans la plus grande discrétion".
Sans préciser si l'otage libéré est Céline ou Eric, les deux Français aux mains des talibans depuis plus de trois semaines, le Quai d'Orsay ajoute dans un communiqué que "cette libération est le résultat des efforts menés depuis plus de trois semaines" et que ces efforts "doivent se poursuivre avec la même détermination et la même discrétion jusqu'à la libération des autres otages".
Le gouvernement afghan a pour sa part fait savoir qu'il tentait de s'assurer que l'otage française avait bien été relachée et remise aux autorités.
"Nous sommes en contact avec les autorités de Kandahar (sud), mais elle (l'ex-otage française, NDLR) n'est pas encore entre les mains du gouvernement", a déclaré le porte-parole du ministère afghan de l'Intérieur, Zemeri Bachari.
Selon Qari Youssef Ahmadi, porte-parole des talibans, la Française a été remise à des chefs tribaux dans la province de Kandahar, samedi, date-limite de l'ultimatum lancé par la milice islamiste à la France.
"Parce que c'est une femme, afin d'entretenir de bonnes relations avec le gouvernement français, nous avons remis cette femme à des chefs de tribus du district de Maywand", a déclaré Ahmadi dans un entretien téléphonique avec l'Associated Press.
Dans un communiqué diffusé sur leur site Internet, les "moudjahiddine de l'émirat islamique" d'Afghanistan précisent que la ressortissante française enlevée avec ses collègues dans la province de Nimroz (sud-ouest) été libérée dans la province de Kandahar. Ils ajoutent qu'ils lui ont remis "un message écrit pour le peuple et le gouvernement de la France" et souhaitent ainsi faire mentir ceux qui affirment que les talibans "n'ont aucun respect pour les droits des femmes".
Le porte-parole des talibans a réitéré à l'AP les exigences de sa milice pour permettre la libération des otages: "le gouvernement français doit cesser de soutenir militairement le gouvernement afghan et les forces françaises doivent quitter l'Afghanistan", a-t-il dit. "Quand le gouvernement français aura retiré ses forces de notre pays, alors nous négocierons la libération de cet homme français ainsi que celle des trois Afghans".
"Nous savons qu'une élection a commencé en France et que tous sont très occupés parce que nous leur avons donné une semaine pour (...) retirer leurs soldats d'Afghanistan ou répondre sur un échange de prisonniers", peut-on aussi lire dans le communiqué diffusé en ligne.
Dans une réponse indirecte à ces exigences exprimées dès la semaine dernière, le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a souligné vendredi que "la France n'a pas vocation à rester en Afghanistan". Il a ajouté que l'Etat français travaille "sans relâche, jour et nuit" pour obtenir la libération des otages.