Les prix de l'essence ont augmenté de 12,7 pour cent par rapport à l'an dernier, une progression exagérée par le fait que les prix à la pompe avaient reculé en septembre 2006.
Ces données sur l'inflation ont notamment eu pour effet de propulser le dollar canadien au-dessus de la barre des 103 cents US, les investisseurs déduisant que la Banque du Canada n'était pas prête d'abaisser son taux d'intérêt directeur.
"Les Canadiens ne devraient pas s'inquiéter de cette accélération", a estimé l'économiste Ritu Sapra, de la Banque Toronto-Dominion. "Ce n'est pas tellement une surprise et c'est surtout technique."
En fait, l'inflation de base - qui exclut les prix les plus volatils comme ceux de l'énergie et de l'alimentation - a glissé à 2,0 pour cent en septembre, soit en plein sur la cible visée par la Banque du Canada. En août, l'inflation de base était de 2,2 pour cent et se situait dans la fourchette préconisée par la banque centrale pour la première fois en plus d'un an.
L'inflation de base est un des principaux indicateurs étudiés par la banque centrale pour l'établissement de sa politique monétaire.
Malgré tout, les prix de base ont affiché une hausse plus importante qu'attendue de 0,4 pour cent par rapport au mois d'août, principalement en raison de facteurs saisonniers comme les vêtements et les droits de scolarité pour études post-secondaires.
Les données sur l'inflation donnent par ailleurs de nouvelles munitions aux groupes de consommateurs qui se plaignent du fait que les prix des détaillants canadiens ne reflètent pas la récente progression du dollar canadien.
Mais selon M. Sapra, le portrait d'ensemble est plus vaseux. L'importante hausse de l'indice le plus large a été stimulée par un gain de 3,6 pour cent dans le secteur des services, qui n'est pas affecté par les gains de la devise. L'inflation des biens n'a été que de 1,3 pour cent en septembre.
Le gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, a estimé jeudi que les consommateurs profitaient de certains avantages liés à l'envolée du huard, notamment pour ce qui est des prix de l'essence et de l'alimentation, mais il a admis qu'ils ne profitaient pas d'autant d'avantages qu'ils le pourraient.
En plus des prix de l'essence, les coûts associés au logement en propriété ont été un des facteurs clés de l'inflation, le coût de remplacement grimpant de 4,8 pour cent et les coûts d'intérêt hypothécaires prenant 6,4 pour cent, leur plus importante croissance depuis juin 1991.
Les prix des aliments ont grimpé de 1,9 pour cent, mais les consommateurs ont eu un certain répit du côté du gaz naturel, dont le prix a baissé de 7,6 pour cent. Les prix de l'équipement d'ordinateurs ont reculé de 13,9 pour cent; ceux des légumes frais ont cédé 9,2 pour cent; et ceux de l'équipement vidéo, de 9,7 pour cent.
L'inflation a crû dans toutes les provinces, sauf l'Alberta, où elle a reculé à 4,6 pour cent en septembre par rapport à 4,7 pour cent en août, grâce aux prix du gaz naturel.
Au Québec, le taux annuel d'inflation a grimpé à 1,9 pour cent en septembre. En Ontario, il s'est établi à 2,3 pour cent, alors que le Nouveau-Brunswick enregistrait un taux de 2,9 pour cent.