Céline Dion? Les Invasions barbares? Garou? Le Cirque du Soleil? On a beau cherché quelque chose ou quelqu'un venu du Québec qui ait disposé dans le passé d'une telle visibilité, on ne trouve aucun précédent. Les Têtes en claques en France, c'est bel et bien du jamais vu.
Il est vrai que SFR, le deuxième opérateur français derrière le géant Orange, a mis le paquet pour vendre son nouveau forfait "Unlimited Messaging Young Generation two thousand seven" (sic), destiné au moins de 25 ans.
Intitulée "Ca va ouatcher!", la campagne de publicité de l'opérateur, coordonnée par Publicis, première agence française, en est une "à 360 degrés", comme on dit dans le monde de la "pub".
SFR a bien sûr acquis tout le catalogue des sketchs du site Internet des Têtes à claques, que les abonnés peuvent désormais regarder sur leurs cellulaires. Mais ce n'est qu'une petite partie de l'opération. Pour SFR, Michel Beaudet, le créateur des Têtes à claques, a surtout inventé quatre nouveaux personnages: Sunny, Paco et deux "bimbos", Crystal et Mia, devenus les vedettes d'une séries de capsules publicitaires inédites.
Depuis le milieu du mois d'août, ces quatre "ouatcheurs" ont progressivement envahi tous les "supports" imaginables, au point où il est pratiquement impossible, à moins de garder les yeux baissés en permanence, de ne pas tomber sur eux.
On les a entendus à la radio et vus dans les salles de cinéma. Ils s'affichent désormais en format géant sur les panneaux publicitaires, les abribus, les autobus, sur les portes automatiques à la sortie du métro, sur des cartes postales et même en terrasse sur les tables des bistrots parisiens.
Ces nouvelles Têtes à claques ont aussi leur site Internet (www.cavaouatcher.fr), où chaque personnage est présenté. On y apprend par exemple que Sunny, un amateur de surf un peu "nerviou" (nerveux), adore "se péter les bretelles en envoyant des MMS de lui en train de surfer sur le lac Mistassini à des petites pitounes ben kioutes".
Le site propose, entre divers "goodies" et un concours pour devenir "le King de la Ouatche!", un "lexique de la ouatche", où les jeunes français apprendront le sens d'expressions comme "ouatcher", bien sûr, "branleux", "botcher" et "se faire crosser", sobrement traduit par "se faire avoir bêtement".