Après dépouillement de 95% des bulletins, le Parti du pouvoir populaire (PPP) semble l'emporter, sans pour autant obtenir une majorité absolue qui lui permettrait de gouverner seul.
Selon les estimations de la Commission électorale, le PPP obtiendrait en effet 228 des 480 sièges à la chambre basse du Parlement, contre 166 pour le Parti démocrate. Les résultats définitifs doivent être communiqués lundi plus tard dans la journée.
"Je voudrais lancer un appel à tous les partis politiques pour qu'ils nous rejoignent afin de former un gouvernement fort", a déclaré lundi le leader du PPP, Samak Sundaravej, à l'occasion d'une conférence de presse.
"Je serai certainement Premier ministre", a-t-il précisé, ajoutant que M. Thaksin lui avait téléphoné depuis Hong-Kong pour lui transmettre ses félicitations.
Selon le porte-parole du Chart Thai, troisième parti qui sera représenté au parlement thaïlandais avec 39 sièges, le PPP aurait déjà contacté plusieurs élus afin de former une coalition. Pour l'heure, aucun membre du Chart Thai n'a souhaité commenté cette proposition.
Pour le Parti démocrate, grand perdant de ces législatives, il est hors de question de donner une suite à l'initiative lancée par M. Samak.
"Si le PPP parvient à former une coalition, le Parti démocrate est prêt à se placer dans l'opposition afin de protéger les intérêts du peuple. S'il échoue, le Parti démocrate est prêt à former sa propre coalition", a prévenu le leader démocrate Abhisit Vejajjiva.
Les pourparlers autour de la formation d'une coalition risquent en outre d'être retardés en raison d'irrégularités constatées dans plusieurs circonscriptions du pays.
Un membre de la Commission électorale, Sodsri Sathayatham, a déclaré qu'au moins 24 candidats pourraient être disqualifiés et que l'hypothèse de se rendre de nouveau aux urnes était plus que probable dans une dizaine de circonscriptions.
Les responsables de la Commission électorale doivent se réunir mercredi afin d'examiner les centaines de plaintes reçues ce week-end, faisant état de fraudes électorales et de pratiques de corruption dans certaines régions du pays.
Thaksin Shinawatra, homme d'affaires milliardaire de 58 ans, renversé le 19 septembre 2006 et exilé à Londres, reste très populaire dans les zones rurales et dans les zones urbaines pauvres où les habitants ont bénéficié de prêts bon marché, de soins médicaux quasiment gratuits et de programmes de développement des villages.
Le PPP a largement fait campagne sur la promesse du retour d'exil de l'ancien Premier ministre début 2008 et de la poursuite de sa politique populiste.
Le Parti démocrate, très implanté dans la capitale thaïlandaise, a de son côté toujours critiqué la corruption du régime Thaksin, accusant l'ancien Premier ministre d'avoir laissé le pays dans le chaos et rappelant que l'armée l'avait renversé pour mettre fin aux manifestations contre lui.
Dans l'hypothèse d'un retour aux affaire de Thaksin, la Thaïlande pourrait s'exposer à une nouvelle période de crise politique et de contestation populaire à laquelle l'armée risque de ne pas se montrer insensible.