La situation se serait détériorée à la fin du printemps et pendant l'été en partie parce que les vieilles locomotives F-40 de Via tombent souvent en panne.
Le rapport, daté de septembre et obtenu par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, indique que le nombre de minutes de retard dues à des bris d'équipement avait crû d'environ 60 pour cent de 2006 à 2007.
A l'échelle nationale, ce sont environ 23 pour cent des trains de passagers qui ont été retardés dans la période touristique allant de mai à juillet, un chiffre bien au-delà de l'objectif de 10 pour cent de Via.
Le problème des retards a pris de l'ampleur sur tout le réseau, notamment dans le populaire corridor Québec-Windsor qu'empruntent quatre clients de Via sur cinq.
Les trains reliant Montréal à Halifax ont été en retard dans 60 pour cent de leurs déplacements en juillet, en partie à cause d'"importants bris de locomotives".
Sur le corridor Toronto-Vancouver, le rapport fait état de retards moyens de deux heures 42 minutes en mai, juin et juillet 2007, une augmentation considérable par rapport à l'année précédente.
C'est toutefois le service entre Winnipeg et le port de Churchill, sur la baie d'Hudson, au Manitoba, qui semble souffrir des pires problèmes. En juillet, dix des 26 trains de Via qui devaient faire le trajet ne se sont tout simplement pas rendus à destination. Ceux qui l'ont fait avaient en moyenne quatre heures de retard.
Via Rail reçoit 170 millions $ annuellement du gouvernement fédéral pour offrir le service de transport ferroviaire à 4,1 millions de passagers.
La société de la Couronne n'est toutefois pas toujours responsable des retards. Ses trains voyagent le plus souvent sur des rails qui appartiennent à d'autres entreprises, notamment le Canadien National, et ils doivent parfois attendre pour laisser passer des trains de marchandises.
En outre, des déraillements de trains de marchandises, des travaux d'amélioration des rails et des limites de vitesses ont tous contribué aux retards des trains de Via cet été.
Le rapport a noté que les relations entre Via Rail et Hudson Bay Railway (HBR), à qui appartiennent les rails reliant The Pas à Churchill, au Manitoba, devenaient de plus en plus difficiles. Des fermetures de rails, des rails défectueux et des déraillements de trains de marchandise de HBR ont contribué au retard et aux annulations de voyage sur ce tronçon.
Quelque 4700 passagers ont aussi été retardés cet été par des manifestants autochtones qui ont bloqué des chemins de fer en Ontario.
Les locomotives F-40 de Via, qui sont en service depuis 20 ans, ont aussi une bonne part de responsabilité pour les retards. Les 54 F-40, plus de 70 pour cent de la flotte de la société de la Couronne, arrivent vers la fin de leur durée de vie utile.
"Les révisions régulières et l'entretien normal n'assurent plus la fiabilité et ne permettent plus de contrôler les coûts d'entretien", a révélé une analyse interne.
Un porte-parole de Via, Malcolm Andrews, a reconnu que les locomotives F-40 causent de plus en plus de problèmes à l'entreprise et sont responsables de nombreux délais.
Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement fédéral a annoncé des investissements de 516 millions $ sur cinq ans pour les infrastructures de Via Rail. La majorité de ces sommes ira à la réfection complète des F-40 pour allonger leur durée de vie de 15 à 20 ans. Les rails et d'autres infrastructures devraient aussi être améliorés.
M. Andrews a ajouté que le Québec et le Manitoba avaient aussi annoncé des plans pour améliorer les infrastructures ferroviaires dans leur province, ce qui devrait contribuer à diminuer les retards.