Valeriy Kostenko et Alexandre Popovitch ont respectivement écopé de 12 ans de réclusion, tandis que Mykola Protasov s'est vu infliger une peine de 13 ans de réclusion.
Dans un communiqué, l'association Reporters sans frontières (RSF) a estimé cette décision de justice "encourageante" tout en regrettant que "les commanditaires de cet assassinat" perpétré en 2000 "n'aient toujours pas été identifiés". Un regret que la famille du journaliste a également exprimé.
"Nous sommes évidemment satisfaits de ce verdict. Cependant, justice n'a pas été totalement rendue dans l'affaire" Gongadze "qui a représenté un traumatisme national", a souligné RSF. "La condamnation de trois auteurs matériels ne doit pas signer la fin de l'enquête".
Début février, rappelle l'association, l'adjoint au procureur général d'Ukraine avait annoncé qu'il attendait les résultats de l'expertise des enregistrements diffusés par un ancien garde du corps de Leonid Koutchma, Mykola Melnitchenko. Dès qu'ils seront connus, le tribunal pourrait porter des accusations contre "certaines personnes" accusées d'avoir organisé l'assassinat du journaliste, selon RSF.
Guéorgui Gongadze a écrit de nombreux articles sur des affaires de corruption impliquant des membres du gouvernement de Léonid Koutchma, l'ancien président ukrainien. Il militait activement pour une plus grande liberté de la presse dans son pays et avait créé en avril 2000 un journal en ligne, Ukrainskaïa Pravda, dont il était rédacteur en chef, d'après RSF. En septembre 2000, il avait été enlevé. En novembre, un corps décapité ainsi qu'un crâne -expertisés comme étant les siens-avaient été retrouvés dans une zone boisée près de Kyiv.