Celui-ci, considéré comme un fondamentaliste par l'opposition laïque, n'a pas obtenu lundi les deux tiers des voix du Parlement nécessaires à son élection au poste essentiellement honorifique de président. Au troisième tour prévu pour le 28 août, il n'aura besoin que de la majorité simple pour l'emporter.
La Turquie traverse une grave crise politique depuis la première tentative candidature de M. Gul à la présidence il y a quatre mois. Les laïques soupçonnent ce musulman pratiquant, dont l'épouse Hayrunisa porte le voile et milite pour qu'il soit autorisé dans les universités et administrations publiques, de vouloir saper les principes laïques inscrits dans la Constitution, alors que M. Erdogan le présente comme un réformateur qui a travaillé dur pour rapprocher la Turquie des portes de l'Union européenne. Le Premier ministre et le chef de la diplomatie ont toutefois cherché à améliorer les relations d'Ankara avec le monde islamique, y compris des pays radicaux comme la Syrie.
Le camp Erdogan obtiendra probablement la présidence turque, fort de sa victoire aux élections législatives anticipées de juillet dernier. L'armée, qui se considère comme la garante de la laïcité voulue par le fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Ataturk, et a renversé quatre gouvernements depuis 1960, l'acceptera-t-elle?
M. Erdogan l'a enjointe lundi soir de rester à l'écart. "Pour nous, les forces armées sont sacrées", a-t-il déclaré sur la chaîne Kanal D. "Si nous croyons en un Etat démocratique, séculier, social et légal, nous ne devrions en premier lieu pas mêler les forces armées turques à ceci."
L'armée a démenti mardi avoir conclu un accord avec M. Gul au sujet de sa candidature. "Il est hors de question pour les forces armées turques de marchander avec tout individu ou institution sur quelque question que ce soit", a-t-elle assuré dans un communiqué.