Interrogé à Bogota, M. Uribe a estimé que Raul Reyes, le No2 de la guérilla abattu le 1er mars en territoire équatorien, "était un obstacle pour l'accord humanitaire et pour la paix". Cet accord "continue d'être possible et nous avons dit que les pays et institutions qui travaillent à obtenir cet accord sont les bienvenus", a ajouté le président colombien.
Il a expliqué avoir accepté la création de la "zone de rencontre" proposée par la médiation franco-hispano-suisse et l'Eglise catholique, comme havre pour y négocier avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie. Cette "zone de rencontre" n'a rien à voir avec la zone démilitarisée que réclament les FARC, a-t-il ajouté: il s'agirait d'un périmètre rural de 150 km2, libre de toute présence policière et militaire et où toute personne doit entrer désarmée. En outre, la guérilla doit laisser la Croix-Rouge internationale accéder aux otages dans la jungle.
Revenant sur la crise internationale née de l'incursion colombienne sur le sol de l'Equateur, il a une nouvelle fois affirmé qu'il avait fallu agir de la sorte "en raison des circonstances" et "pour garantir le succès de l'opération". "Nous avions déjà échoué à cinq reprises contre Raul Reyes", a-t-il ajouté.
De son côté, le secrétaire général de l'OEA (Organisation des Etats américains) le Chilien José Miguel Insulza, est arrivé dimanche en Equateur à la tête de la commission chargée d'enquêter sur cette affaire et de se rendre sur place à la frontière colombo-équatorienne, pour rendre compte à l'OEA.
Avant son arrivée, il avait salué le rôle joué par Hugo Chavez lors du sommet de Saint-Domingue qui a permis vendredi d'entamer la sortie de crise diplomatique. L'intervention du président vénézuélien a été "très décisive, extrêmement constructive", a-t-il déclaré, toujours à "La Tercera". "Cette fois-ci, son intervention a été pondérée, réfléchie, très conciliatrice, et je crois que cela a eu un rôle très important".