L'ingénieur à la retraite Bill Doobenen, 73 ans, fait appel à la cour fédérale de Vancouver pour casser l'avis de déportation qui pèse sur lui et son épouse d'origine américaine.
La cour devra déterminer dans les prochaines semaines si elle accepte d'entendre la cause après avoir entendu M. Doobenen et le ministère fédéral de la sécurité publique.
Le vétéran des forces armées s'est dit conscient des risques que la cour refuse d'entendre sa requête. Néanmoins, si le procès a lieu, M. Doobenen estime qu'il a de bonnes chances d'avoir gain de cause parce que les faits jouent en sa faveur.
M. Doobenen a perdu sa citoyenneté canadienne au début des années 1970 quand il est devenu citoyen américain pour progresser dans sa carrière d'ingénieur.
Aujourd'hui, la double citoyenneté est permise, mais à l'époque, M. Doobenen avait dû renoncer à sa citoyenneté canadienne.
L'ingénieur souhaitait revenir au Canada avec son épouse après avoir pris sa retraite en 2001, mais il a été impossible pour lui d'obtenir le statut d'immigrant reçu.
A la place, le couple a passé la moitié de l'année dans sa maison de Ross Spur, en Colombie-Britannique, comme visiteur, et le reste de l'année dans les îles Fiji. Mais après que la tension se soit avivée dans l'île du Pacifique à la suite d'un coup d'état en 2006, les Doobenen ont décidé de tenter de régler leur problème d'immigration au Canada en réclamant le statut de réfugié.
Cela s'est avéré être une erreur. Le comité des réfugiés a statué que les Doobenen n'étaient pas en danger car ils comptaient sur un refuge sécuritaire aux États-Unis.
Le vétéran des forces armées et son épouse n'étaient également pas au courant que la loi fédérale requiert que les demandeurs quittent le pays au cours des trente jours qui suivent un refus, à défaut de quoi ils peuvent être déportés.
Des amis et des voisins du couple ont écrit au parlementaire du NPD, Alex Atamanenko, et ce dernier travaille pour eux depuis.
"Nous obtenons un soutien incroyable, a déclaré M. Doobenen. Tout le monde est concerné par ce qui nous arrive."
Le député Atamanenko a écrit à son tour au ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, lui demandant "d'examiner l'affaire et de permettre si possible aux Doobenen de ne pas être déporté". Il n'a pas encore obtenu de réponse.
Le parlementaire néo-démocrate a affirmé que la situation n'était pas raisonnable et que le couple devrait pouvoir entrer et sortir du pays à sa guise en tant que touriste. "Mon dieu, M. Doobenen est né ici, il a servi dans les forces armées canadiennes", a lancé M. Atamanenko.
La cour devrait décider si elle accepte d'entendre la cause d'ici six semaines, selon M. Doobenen.
Pendant ce temps, le projet de loi C-37 sur la citoyenneté est étudié au Sénat. S'il est adopté, le C-37 restaurerait la citoyenneté de "lost Canadiens" comme M. Doobenen, mais ne règlerait pas pour autant le statut de la femme du retraité. Cette dernière pourrait quand même être déportée.