La proposition, qui entrerait en vigueur avec la promulgation par le maire de gauche, a inquiété le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, conservateur) au pouvoir. Elle risque d'influencer les politiques gouvernementales dans tout le Mexique et d'autres pays d'Amérique latine, en offrant aux femmes les plus pauvres une solution alternative aux avortements clandestins.
Au niveau national, le Mexique n'autorise l'avortement qu'en cas de viol, de grave malformation ou maladie du foetus ou de danger pour la vie de la mère. Les parlementaires de gauche qui contrôlent l'assemblée de Mexico proposent de l'autoriser dans tous les cas durant les 12 premières semaines de grossesse. Leurs adversaires veulent faire appel devant la cour suprême.
Le président mexicain Felipe Calderon s'est opposé à la proposition et le Vatican a envoyé un représentant faire campagne à Mexico. L'Eglise catholique a organisé des manifestations de protestation, malgré l'interdiction d'activités politiques pour les organisations religieuses posées par la Constitution mexicaine.
Environ 200.000 femmes subissent chaque année des avortements clandestins, une estimation calculée d'après le nombre de victimes de complications qui se présentent ensuite dans les hôpitaux, selon Martha Micher, qui dirige l'institut des femmes de la municipalité de Mexico.
Les avortements clandestins tuent chaque année 1.500 femmes et constituent la troisième cause de décès chez les femmes enceintes dans la capitale. "La plupart de celles qui meurent sont jeunes et pauvres", explique Martha Micher. Les femmes plus aisées "vont dans des cliniques à l'étranger, où personne ne les connaît, (...) et subissent des avortements sûrs".