Le chef de la direction de Yahoo, Jerry Yang, et le président du groupe, Roy Bostock, ont adressé une lettre au directeur général de Microsoft, Steve Ballmer, deux jours après que celui-ci eut menacé de lancer une offre hostile sur Yahoo faute d'accord de fusion entre les deux parties d'ici à trois semaines.
Dans cet ultimatum, Microsoft explique que si Yahoo ne se prononce pas d'ici au 26 avril, le géant du logiciel n'exclura plus une offre hostile. Il se tournera alors vers les actionnaires et cherchera à faire élire un nouveau conseil d'administration plus favorable à sa cause.
"Nous ne nous opposons pas à une transaction avec Microsoft s'il en va du meilleur intérêt de nos actionnaires, ont indiqué MM. Yang et Bostock dans une lettre transmise à M. Ballmer. Nous croyons simplement que toute transaction devra refléter la valeur réelle de Yahoo, incluant tout avantage stratégique pour Microsoft, et à des conditions qui offrent une certitude pour nos actionnaires."
Le 31 janvier, Microsoft a proposé d'acquérir Yahoo pour 44,6 milliards $ US, soit 31 $ US par action, en numéraire et en actions. Yahoo avait rejeté cette offre, estimant qu'elle sous-évaluait la société. L'offre vaut aujourd'hui environ 41 milliards $ US, sur la base du cours de l'action Yahoo vendredi à la clôture.
Les deux dirigeants ont également rejeté les affirmations de Microsoft selon lesquelles Yahoo avait du mal à affronter les conditions économiques actuelles. "Nos perspectives d'activité sont cohérentes avec ce que nous avons décrit" lors de la publication des résultats trimestriels du groupe, ont-ils noté.
MM. Yang et Bostock ont aussi pris Microsoft à partie pour avoir laissé entendre que les deux entreprises n'avaient pas discuté de cette transaction depuis février. Les deux hommes écrivent que les deux compagnies "ont eu des discussions constructives concernant plusieurs aspects, dont l'intégration et les questions réglementaires".
"De plus, Steve, tu as assisté en personne à deux de ces rencontres et tu aurais pu faire avancer les discussions si tu l'avais désiré", ajoutent-ils.
La firme de relations publiques dont Microsoft a retenu les services dans ce dossier a indiqué que Microsoft ne commenterait pas immédiatement la lettre, au delà de la missive "explicite" envoyé par M. Ballmer à Yahoo samedi.
"Si nous devions être contraints de présenter une offre directement à vos actionnaires, cette action aura des répercussions négatives sur la valeur de votre compagnie de notre point de vue, et ceci sera reflété dans les termes de notre offre", avait écrit le dirigeant de Microsoft.
Depuis qu'elle a rejetée l'offre de Microsoft, Yahoo a discuté avec Google, News Corp., et TimeWarner, mais aucune alternative viable à Microsoft n'a fait surface.
Dans sa lettre, M. Ballmer se demandait pourquoi Yahoo se fait toujours tirer l'oreille, "et ce en dépit du fait que notre proposition est le seul choix offert qui permette aux actionnaires de recevoir la juste et pleine valeur pour leurs actions".