Emmerson Mnangagwa, conseiller de Robert Mugabe, a annoncé que le président depuis 28 ans du pays serait le candidat du parti au pouvoir, la ZANU-PF, lors du second tour de scrutin. Selon lui, Mugabe a accepté les résultats finalement dévoilés vendredi, plus d'un mois après le vote.
"Le candidat de la ZANU-PF à l'élection présidentielle, le camarade R.G. Mugabe, accepte les résultats annoncés et se propose d'être candidat au second tour, dont la date doit encore être fixée", a déclaré Mnangagwa.
L'opposition du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a réaffirmé que son candidat Morgan Tsvangirai avait remporté l'élection dès le premier tour le 29 mars. A Johannesburg, en Afrique du Sud, Tendai Biti, numéro deux du MDC a jugé qu'un second tour serait illégal et qu'il ne pourrait être organisé "pour la simple et bonne raison que le pays est en train de brûler".
Contrairement à de précédentes déclarations, Tendai Biti n'a toutefois pas rejeté catégoriquement un second tour, expliquant que Morgan Tsvangirai était prêt à former un gouvernement d'union nationale, à la condition que le président Robert Mugabe renonce d'abord au pouvoir.
"Morgan Tsvangirai devrait être autorisé à former un gouvernement de guérison nationale incluant toutes les parties prenantes du Zimbabwe", a affirmé Tendai Biti. "La seule condition que nous posons (...) est que le président Mugabe se retire immédiatement".
Le numéro deux du MDC a précisé que la direction du parti se réunirait samedi pour définir sa position officielle et que Morgan Tsvangirai s'exprimerait prochainement lors d'une conférence de presse. Tendai Biti a également assuré que la sécurité de Robert Mugabe, ainsi que celle de sa famille, serait assurée si le président autocratique au pouvoir depuis 28 ans consentait à se retirer.
Le ministre adjoint de l'Information Bright Matonga a expliqué qu'en vertu de la Constitution du Zimbabwe, le deuxième tour de l'élection devait être organisé au plus tôt 21 jours après l'annonce des résultats.
Tsvangirai avait revendiqué la victoire dès le premier tour, avec 50,3% des suffrages, accusant Robert Mugabe de recourir à la violence et l'intimidation pour s'accrocher au pouvoir. Depuis le premier tour le 29 mars, la communauté internationale appelait les autorités zimbabwéennes à diffuser les résultats et à faire respecter l'Etat de droit.
A Londres, le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband, a estimé que Robert Mugabe avait clairement perdu l'élection présidentielle. "Sa campagne de violence et d'intimidation depuis un mois doit prendre fin immédiatement", a-t-il déclaré dans un communiqué. "Un éventuel second tour doit être libre, équitable et ouvert aux observateurs internationaux".